Rencontres internationales du numérique à Montréal


Rencontres internationales du numérique à Montréal

Publié le 24 octobre 2022    access_time 5 minutes

Un compte rendu de Philippe Bédard, chercheur et rédacteur, Xn Québec

Comme si les étoiles s’étaient alignées, certains des événements les plus importants pour le secteur du numérique ont tous eu lieu la semaine du 16 octobre à Montréal. De HUB Montréal à MTL connecte, en passant par IMERSA, nous résumons ici certaines des tendances qui se sont dessinées lors de ces événements incontournables.

Les événements

Le tout a commencé avec IMERSA (pour Immersive Media Entertainment, Research, Science & Arts), qui se déroulait du 15 au 19 octobre 2022. D’abord accueilli par la Société des Arts Technologiques les 15-16 octobre, le public s’est dirigé vers le Planétarium Rio Tinto Alcan pour les deux derniers jours de l’événement. En plus des conférences et des démonstrations, l’événement proposait des projections d’œuvres immersives pour dôme de provenance internationale : « Ce sommet mettra en vedette des œuvres immersives d’artistes du monde entier, avec un accent particulier sur les producteurs canadiens », a déclaré Daniel Neafus, directeur général d’IMERSA (Source).

Pendant ce temps, dans l’espace OASIS immersion au Palais des Congrès de Montréal, se déroulait HUB Montréal, du 17 au 19 octobre 2022. L’événement-marché invite des entreprises du monde entier à venir découvrir ce que le Québec a de mieux à offrir en termes de créativité numérique. Les quatre salles de l’espace OASIS immersion étaient ainsi divisées de sorte à accueillir des séances de réseautage, une vitrine d’œuvres québécoises novatrices et des présentations d’études de cas de projets originaux et inspirants.

Le dernier, mais non le moindre, MTL connecte s’est tenu du 15 au 21 octobre aux 7 Doigts, en plus d’une programmation grand public présentée jusqu’au 23 octobre à travers la ville. Tel que le décrit l’organisation, MTL connecte est « un rendez-vous international qui renforce la position de la métropole dans les domaines de la créativité et de l’intelligence numériques, fait rayonner le savoir-faire d’ici et propulse la relève » (Source). Par ailleurs, cette année, l’événement proposait de découvrir des délégations en provenance de tous les pays de la francophonie.

À travers tous ces événements, des sujets très divers ont été traités. Dans ce qui suit, nous soulignons quelques-unes des grandes tendances que nous avons remarquées.

Bande-annonce présentée par Felix & Paul Studios à la conférence IMERSA 2022.

Des formats innovants

À peine remis des ralentissements causés par la crise sanitaire, plusieurs des entreprises présentes à ces événements ont partagé leurs apprentissages en matière de nouveaux formats d’expérience. Dans le cas de la série Space Explorers, par exemple, Felix & Paul Studios explore présentement la possibilité de diffuser des contenus en direct à travers un réseau de 165 dômes partenaires à travers le monde. Une première tentative de cette expérience se déroulera prochainement, dans le cadre du décollage de la mission Artemis 1 de la NASA. Des représentant.e.s de Felix & Paul Studios et PHI Studios étaient également présent.e.s à IMERSA pour présenter l’exposition itinérante L’INFINI, qui vient boucler la stratégie de distribution multi-plateforme du projet.

Dans le cadre de l’activité « Transformation expérientielle d’un lieu : Enrichir son ADN », le public de HUB Montréal a aussi pu découvrir différentes façons d’adapter des expériences immersives aux contraintes de différents lieux, ici comme à l’international. Myriam Achard a d’abord introduit le parcours de PHI, depuis l’ouverture de la Fondation PHI pour l’art contemporain il y a 15 ans jusqu’au lancement prochain de PHI contemporain, un lieu qui aura pour but d’être un point de rencontre pour l’art et la culture à Montréal. Par la suite, Manu Alberola (Troublemakers), Yanik Daunais (Halo Création) et Alexandre Lemieux (Creos) ont chacun présenté des études de cas qui montraient, chacun à sa façon, de nouvelles manières d’intégrer des expériences immersives innovantes dans des lieux extérieurs existants. Ceux-ci ont d’ailleurs insisté sur l’importance d’être à l’écoute des besoins et des contraintes de chaque lieu. 

Dans le cadre de l’activité « Transformation expérientielle d’un lieu : Enrichir son ADN », le public de HUB Montréal a aussi pu découvrir différentes façons d’adapter des expériences immersives aux contraintes de différents lieux, ici comme à l’international. Myriam Achard a d’abord introduit le parcours de PHI, depuis l’ouverture de la Fondation PHI pour l’art contemporain il y a 15 ans jusqu’au lancement prochain de PHI contemporain, un lieu qui aura pour but d’être un point de rencontre pour l’art et la culture à Montréal. Par la suite, Manu Alberola (Troublemakers), Yanik Daunais (Halo Création) et Alexandre Lemieux (Creos) ont chacun présenté des études de cas qui montraient, chacun à sa façon, de nouvelles manières d’intégrer des expériences immersives innovantes dans des lieux extérieurs existants. Ceux-ci ont d’ailleurs insisté sur l’importance d’être à l’écoute des besoins et des contraintes de chaque lieu. 

Virage vert

Il était rafraîchissant de voir à quel point les projets en vitrine aux différents événements prenaient en compte les enjeux écologiques. Par exemple, Richard Cormier (Studios MELS) racontait que l’un des avantages d’un plateau de production virtuelle — comme ceux qu’ont pu visiter une partie du public de HUB Montréal — est justement le fait d’éviter le gaspillage qui vient souvent d’un tournage à l’étranger ou en région, ou encore du fait de construire des décors à usages uniques.

Les considérations écologiques étaient aussi au cœur du film immersif Worlds of Ice (Philippe Baylaucq, 2022), produit par l’Office national du film du Canada (ONF) et distribué par HUBBLO. La projection du film et de son making-of dans le cadre d’IMERSA a pu introduire le public international aux impacts du réchauffement climatique par l’entremise de la fonte des glaces et de son influence sur les peuples autochtones. Le film, déjà reconnu à l’international, s’est ainsi démarqué des autres projections de par son traitement tant poétique que scientifique d’un sujet fort important.

Enfin, l’enjeu de l’environnement faisait aussi partie de la réflexion de mirari, notamment dans la création du pavillon Canada à la Foire du livre de Francfort. En effet, Gonzalo Soldi, directeur de création du projet, a insisté sur ce point auprès de l’auditoire du panel « Qu’est-ce qui rend une expérience immersive remarquable ? ». Celui-ci a également raconté vouloir aller vers une approche plus durable, tant au niveau écologique qu’au niveau de l’impact émotionnel d’une expérience; plutôt qu’en mettre plein les yeux avec une installation à la fine pointe de la technologie, ne vaudrait-il pas mieux miser sur des expériences qui restent plus longtemps dans l’esprit des gens?

Se laisser porter par la musique; et les paroles

Justement, plusieurs projets présentés au cours de la semaine misaient sur le son autant, sinon plus, que sur les visuels. Pensons notamment aux projets Onhwa’ Lumina et Anisipi de Moment Factory, tous deux portés par les voix, les chants et les témoignages de communautés autochtones du Québec (Huron-Wendat et Anicinape, respectivement).

Manu Alberola (directeur de la création, Troublemakers) nous a également permis de découvrir les activations sonores non intrusives que son studio a conçu pour le Jardin botanique du Nouveau-Brunswick. Ici, le son s’est imposé en raison du contexte : le Jardin étant ouvert en pleine journée, il aurait été impossible d’utiliser le genre de projection lumineuse qui est le plus souvent utilisée dans ce type d’installation publique.

Finalement, le projet d’immersion sonore Ciel à outrance (Brigitte Poupart, 2022) était également présenté lors du panel « Qu’est-ce qui rend une expérience immersive remarquable ? ». Comme nous l’avions décrit lors du lancement du projet en février dernier, dans Ciel à outrance, c’est « l’interaction entre les sons, les objets et par l’imaginaire de tout un chacun qui vient donner forme aux cinq récits qui composent l’œuvre » (Source).

À la rencontre de l’excellence québécoise

Une chose est sûre au sortir de cette semaine bien chargée : le Québec s’est taillé une place de choix dans le milieu de la création numérique. On l’a vu dans l’activité « Rencontre des secteurs d’excellence – Les réalités étendues », organisée dans le cadre de MTL connecte, dans la vitrine de projets novateurs offerte au public de HUB Montréal et dans le nombre d’œuvres québécoises à l’honneur dans la programmation d’IMERSA. 

On l’a aussi vu lors du panel « Le métavers et le futur de la production », où des intervenants d’Epic Games, MELS, Orange, Cinco, et 7 Doigts ont démontré à quel point Montréal était un lieu foisonnant pour tout ce qui touche les pratiques artistiques et le divertissement numérique. 

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